Je crée un média en ligne, journalistique, féministe inclusif et indépendant.

Je suis Sarah et je porte la double casquette journaliste-féministe depuis plusieurs années maintenant. Depuis plusieurs mois, je suis en création d’entreprise pour lancer un média journalistique en ligne, indépendant et spécialisé féminisme inclusif. Dans cet article, j’explique mon parcours, présente mon projet ainsi que des façons d’y prendre d’ores et déjà part.

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Suite à plusieurs confusions, je tiens à préciser que « La Mal-Baisée » est mon blog personnel, lancé en 2015.

Il ne s’agit pas de l’entreprise (et donc du média professionnel) dont il est question dans cet article, qui n’a encore ni nom, ni adresse URL.

 

Au commencement était le sexisme

A 13 ans déjà, je m’interrogeais sur le traitement journalistique des deux candidats favoris de la campagne présidentielle 2007, alors souvent présentés ainsi : « Ségo-Sarko ». La bonne copine « Ségo ». Infantilisant.

A 15 ans, j’ai voulu devenir journaliste. Mes profs et la conseillère d’éducation du collège m’ont répondu que pour cela il fallait « avoir une grande culture générale » et que ce n’était « pas mon cas malheureusement ». J’ai persisté.

Vers 16-17 ans, j’ai intégré le journal de mon lycée et réalisé mon premier stage professionnel dans une entreprise de presse. En parallèle, j’ai bouquiné, manifesté et forgé ma conscience politique, notamment mes idéaux féministes.

Vers 19-20 ans, alors étudiante en journalisme, j’étais frustrée face à certaines pratiques usuelles dans les entreprises médiatiques. Au hasard : le peu d’expertEs interviewées (et, accessoirement, les excuses bidons parfois invoquées pour s’en défendre : « non mais Monsieur Truc, tu comprends, il a un timbre de voix qui passe bien à l’antenne, on va continuer à le faire venir lui, c’est mieux comme ça ») ; les conférences de rédaction où tous les sujets politiques, économiques et sportifs sont quasi systématiquement attribués aux collègues masculins. Une année, pour un cours de TD (travaux dirigés), j’ai relevé sur 4 semaines : 1/ le nombre d’expertEs passant à l’antenne et sur quels sujets et 2/ les types de sujets attribués aux hommes et ceux attribués aux femmes dans les conférences de rédaction. Le constat était édifiant. Et la liste des exemples est encore longue… Les « blagues » salaces à répétition, les remarques déplacées sur mon corps, le harcèlement, et last but not least une agression sexuelle. Bien entendu, certaines rédactions de presse sont très chouettes, fort heureusement. Mais force est de constater qu’il y a un gros problème. A cela s’ajoute d’autres problématiques, toutes liées entre elles : combien de journalistes racisé-e-s sur le nombre total de journalistes ? Ou encore le traitement des violences conjugales en « drames passionnels » etc.

Pour aller plus loin, le Conseil Supérieur de l’Audiovisuel (CSA) a publié cette étude sur la représentation des femmes à la télévision et à la radio en 2017. Je recommande également cette autre étude menée l’an dernier par l’Association des Journalistes LGBT (AJLGBT) sur le traitement médiatique des thématiques LGBTQ+. Enfin, le journal Libération a récemment rédigé un article intitulé «La rédaction de « Libé » est-elle blanche ?» et qui fait le point sur le fonctionnement interne de la rédaction vis-à-vis de ces questions de mixité, de diversité et de représentativité des journalistes dans les rédactions françaises.

A 21 ans, j’étais perdue, dégoûtée et je voulais changer de voie professionnelle. Les quelques années qui ont suivi mon obtention du diplôme, j’ai cherché ma voie – une réorientation peut-être – depuis un métier qui ne semblait plus me séduire. Et puis, il y a eu cette idée. Une idée qui est partie d’un constat en fait très simple : le média de mes rêves n’existe pas en France. Le paysage médiatique anglo-saxon regorge lui de magazines féministes, lesbiens, queer etc… et qui existent depuis les années 1990. En France, la plupart de ces médias sont bénévoles, associatifs, non journalistiques professionnellement parlant. C’est ainsi que j’ai fait le pari de créer le média pour lequel j’aurais rêvé de bosser en sortant de mes études, et ce sera ça ou rien. Si ça marche, je mettrai tout mon cœur et toute mon âme à ce qui me semble être la gageure d’un tel média journalistique : informer sans la tyrannie de l’urgence, proposer un journalisme d’intérêt général que seul le lectorat pourra acheter, et non les publicitaires.

Et si ça ne marche pas, alors j’aurai essayé.

« Le féminisme est une révolution, pas un réaménagement des consignes marketing »

 

De quoi s’agira t-il exactement ?

D’un média journalistique en ligne (un pureplayer) :

1/ Engagé, avec pour angle de traitement, le féminisme dit « inclusif », à savoir un féminisme qui n’exclut personne et qui prend en considération toutes les personnes concernées par une ou plusieurs oppressions telles que : le sexisme, le racisme, les LGBTQ+phobies, la grossophobie, le validisme, le classisme etc… (non-exhaustif), par et pour des concerné-e-s.

2/ Long-format. En proposant un reportage ou une enquête par semaine. Trop d’info tue l’info. L’intérêt est d’informer de façon plus « lente » et qualitative. 

3/ Du journalisme dit « de solution » ou « d’impact ». A savoir : mettre en lumière non seulement des problématiques, mais aussi des porteuses et porteurs d’initiatives -viables ou non – destinées à améliorer la société. Le but est d’inspirer et de trouver des solutions, ensemble.

 

Afin de donner une idée de contenu, vous trouverez  sur ce fichier des exemples de sujets traités dans la presse française et anglo-saxonne, qui pourraient faire l’objet d’un traitement journalistique dans mon média.

 

Ce service d’information sera indépendant ou ne sera pas. Aujourd’hui, avec 10 milliardaires contrôlant la quasi-intégralité de la production journalistique française, l’indépendance des médias est un réel enjeu de société. De plus, un modèle économique basé sur de la publicité manque d’éthique puisqu’il implique de fournir plus de quantité au détriment de la qualité d’une part, et qu’il suppose de revendre les données du lectorat aux publicitaires d’autre part. Rien n’est jamais gratuit. Si vous avez l’impression d’avoir accès à de l’information gratuitement, alors le produit, c’est vous. A mon sens, payer pour de l’info indépendante fait partie intégrante de l’engagement militant. 

>> Le modèle économique de ce média-qui-n’a-pas-encore-de-nom est encore en réflexion, afin notamment de rester accessible au plus grand nombre. Ceci étant écrit, je précise que ma priorité sera avant tout à l’égard des journalistes, notamment pigistes. L’engagement d’un média passe avant tout par la rémunération de ses professionnel-le-s. A l’heure actuelle, force est de constater que les modèles économiques sous forme d’accès et de don libres ne fonctionnent pas en ce sens. C’est pourquoi, à ce jour, j’envisage surtout l’abonnement payant. 

Ce présent article subira des modifications et des ajouts au fur et à mesure de l’avancée du projet.

Comment participer ?

1/ Je n’ai pas vocation à rester seule sur ce projet d’entreprise. Si tu as envie d’y prendre part avec moi, on peut en discuter ensemble. Je suis preneuse de tous les échanges, retours d’expériences, conseils et ondes positives ! Si tu es bienveillant-e et intéressé-e, on se prend un chocolat chaud quand tu veux.

+10 si tu as un profil type marketing/commercial (mon point faible !)

2/ Répondre à mon questionnaire d’étude de marché

3/ Faire tourner dans ta communauté

Merci beaucoup et ON Y CROIT !

 

la mal-baisée

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