Je crée un média en ligne, journalistique, féministe inclusif et indépendant.

Je suis Sarah, 24 ans, et je porte la double casquette journaliste-féministe depuis plusieurs années maintenant. Depuis plusieurs mois, je suis en création d’entreprise pour lancer un média journalistique en ligne, indépendant et spécialisé féminisme inclusif. Dans cet article, j’explique mon parcours, présente mon projet ainsi que des façons d’y prendre d’ores et déjà part.

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Suite à plusieurs confusions, je tiens à préciser que « La Mal-Baisée » est mon blog personnel, lancé en 2015.

Il ne s’agit pas de l’entreprise (et donc du média professionnel) dont il est question dans cet article, qui n’a encore ni nom, ni adresse URL.

Au commencement était le sexisme

A 13 ans déjà, je m’interrogeais sur le traitement journalistique des deux candidats favoris de la campagne présidentielle 2007, alors souvent présentés ainsi : « Ségo-Sarko ». La bonne copine « Ségo ». Infantilisant. En grandissant, j’ai pris part à mes premières manifs, j’ai bouquiné, je me suis informée et, petit à petit, j’ai forgé ma conscience politique. Vers 19-20 ans, alors étudiante en journalisme, j’étais frustrée face à certaines pratiques usuelles dans les entreprises médiatiques. Il est par exemple courant de partager, au sein d’une rédaction, un carnet de contacts remplis de noms d’expert-e-s divers-e-s et varié-e-s auxquel-le-s on peut faire appel pour une interview sur un sujet précis (des endocrinologues, des juristes etc). Non seulement la plupart de ces contacts étaient déjà intervenus 3 fois, 5 fois, 10 fois au cours des derniers mois ou années, ce qui représente pour moi un problème certain de déontologie : « mais il passe bien à l’antenne donc on va pas s’emmerder à trouver quelqu’un d’autre », mais il s’agissait essentiellement d’experts : les rares expertEs officiant souvent sur des secteurs très genrés. Enfin, en conférences de rédaction, les sujets politiques, économiques ou sportifs sont quasiment tout le temps attribués aux hommes journalistes, les collègues féminines quant à elles traitent davantage les sujets dit de société ou culturels. A cela s’ajoute beaucoup d’autres problématiques : combien de journalistes racisé-e-s sur le nombre total de journalistes ? Ou encore le traitement des violences conjugales en « drame passionnel » etc. Pour aller plus loin, le Conseil Supérieur de l’Audiovisuel (CSA) a publié cette étude sur la représentation des femmes à la télévision et à la radio en 2017. Je recommande également cette autre étude menée l’an dernier par l’Association des Journalistes LGBT (AJLGBT) sur le traitement médiatique des thématiques LGBTQ+. Enfin, le journal Libération a récemment rédigé un article intitulé «La rédaction de « Libé » est-elle blanche ?» et qui fait le point sur le fonctionnement interne de la rédaction vis-à-vis de ces questions de mixité, de diversité et de représentativité des journalistes dans les rédactions françaises.

C’est ainsi qu’à la sortie de mes études de journalisme, je traînais avec moi un certain sentiment de frustration non-identifié. Les quelques années qui ont suivi mon obtention du diplôme j’ai cherché ma voie – une réorientation peut-être – depuis un métier qui ne semblait plus me séduire. Et puis, il y a eu cette idée. Une idée qui est partie d’un constat en fait très simple : le média de mes rêves n’existe pas en France. Le paysage médiatique anglo-saxon regorge lui de magazines féministes, lesbiens, queer etc… et qui existent depuis les années 1990. En France, la plupart de ces médias sont bénévoles, associatifs, non journalistiques professionnellement parlant. C’est ainsi que j’ai fait le pari de créer le média pour lequel j’aurais rêvé de bosser en sortant de mes études, et ce sera ça ou rien. Si ça marche, je mettrai tout mon cœur et toute mon âme à ce qui me semble être la gageure d’un tel média journalistique : informer sans la tyrannie de l’urgence, proposer un journalisme d’intérêt général que seul le lectorat pourra acheter, et non les publicitaires.

Et si ça ne marche pas, alors j’aurai essayé.

« Le féminisme est une révolution, pas un réaménagement des consignes marketing »

 

De quoi s’agira t-il exactement ?

D’un média journalistique en ligne (un pureplayer donc) avec pour angle de traitement le féminisme dit inclusif, à savoir un féminisme qui n’exclut personne et qui prend en considération toutes les personnes concernées par une ou plusieurs oppressions telles que : le sexisme, le racisme, les LGBTQ+phobies, la grossophobie, le validisme, l’islamophobie, le classisme etc… (non-exhaustif), par et pour des concerné-e-s.  Il s’agira de proposer des rubriques généralistes du type « International » ; « Politique » ; « Société » ; « Culture » ; « Sport »… le tout en traitant de thématiques liées au féminisme inclusif, comme le pinkwashing, ou encore l’accès à la PMA (procréation médicalement assistée) etc. Au programme : du contenu 100% journalistique, multimédia, des enquêtes, des reportages, des interviews, des dessins de presse, bref du contenu, du vrai : vérifié, sourcé, documenté.

Afin d’être la plus concrète possible et de donner une idée de contenu, vous trouverez  sur ce fichier des exemples de sujets traités dans la presse française et anglo-saxonne et qui pourraient faire l’objet d’un traitement journalistique dans mon média.

 

Ce service d’information sera indépendant ou ne sera pas. Aujourd’hui, avec 10 milliardaires contrôlant la quasi-intégralité de la production journalistique française, l’indépendance des médias est un réel enjeu de société. De plus, un modèle économique basé sur de la publicité manque d’éthique puisqu’il implique de fournir plus de quantité au détriment de la qualité d’une part, et qu’il suppose de revendre les données du lectorat aux publicitaires d’autre part.

>>> Le modèle économique de ce média-qui-n’a-pas-encore-de-nom est encore en réflexion, afin notamment de rester le plus accessible possible au plus grand nombre, mais non sans perdre de vue la contrainte liée à l’argent, ce « nerf de la guerre » comme on dit. Ce présent article subira donc des modifications et des ajouts au fur et à mesure des mois de mon aventure entrepreneuriale militante.

Comment participer ?

1/ Je n’ai pas vocation à rester seule sur ce projet d’entreprise. Si tu as envie d’y prendre part avec moi, on peut en discuter ensemble. +10 si tu as un profil type marketing/commercial !

2/ Répondre à mon questionnaire d’étude de marché

3/ Faire tourner dans ta communauté

Merci beaucoup et ON Y CROIT !

 

la mal-baisée

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