Road-trip en Écosse : mon expérience et mes conseils

Fin 2015, à l’occasion d’une année sabbatique, j’ai vécu trois mois dans les Highlands, au nord de l’Écosse. Récit d’un voyage fort en sensations et en rencontres.

« Pourquoi l’Écosse ? » est l’une des questions les plus récurrentes auxquelles je dois répondre depuis mon séjour. La réponse est simple : les paysages, les écossais.es et les pubs. « Je vis en Écosse par amour pour cet endroit » est une phrase que j’ai entendu à maintes reprises. En effet, beaucoup d’étrangèr.e.s (principalement européen.nes) et rencontré.es pour la plupart en autostop m’ont affirmé avoir découvert ce pays en vacances, et fait le choix de venir s’y installer définitivement. Je ne peux que les comprendre…

 

paysage écosse

Une de mes dernières promenades dans les Black Isles, au petit matin.

Je suis née en Bretagne, j’y ai grandi et j’accorde une grande importance à mes origines celtes. Les terres écossaises m’ont toujours fait rêver ainsi que l’Histoire de ce pays (oui je pars du principe qu’il s’agit d’un pays à part entière). J’y ai donc vécu 3 mois et je n’ai pas été déçue du voyage. Partie en tant que volontaire, j’ai vécu dans le village de Jemimaville dans les Black Isles, à 20 kilomètres au nord d’Inverness, la capitale des Highlands. Les Black Isles sont la région la plus humide de l’Écosse. C’est aussi l’endroit idéal pour apercevoir des dauphins. Enfin, quand ils acceptent de se montrer… J’ai passé une après-midi entière sur la plage de Chanonry Point (voir carte) munie de mon appareil photo. J’ai aperçu quelques ailerons au loin. Mais pas davantage.

 

En violet : là où je vivais. En jaune : les endroits de la région que j’ai exploré.

Il n’y a pas que les paysages qui participent au charme de l’Écosse. Ses habitant.es ont la réputation d’être adorables et très chaleureux. A juste titre. Partout où j’ai été, en ville ou en pleine campagne, il y avait toujours quelqu’un pour me dépanner, me prendre en stop, me rendre service. Sans jamais rien demander en retour. Ce fut d’ailleurs très surprenant pour moi. Je n’ai pas été habituée à autant de bienveillance et de sollicitude en France. Ici, à chaque fois que je suis arrêtée en pleine rue afin d’examiner un plan d’une ville quelconque et qui m’est inconnue, il y a toujours un type qui vient vers moi, soi-disant pour « m’aider », et qui finit par me faire une proposition salace, plus ou moins agressive. En Écosse, personne ne m’a interpellé violemment. Personne ne m’a demandé « Eh meuf, tu suces ? » au coin d’une rue. Toutes les personnes qui sont venues vers moi l’ont fait dans l’unique but de m’aider à trouver mon chemin. Aucun homme n’a cherché à profiter de la situation pour me proposer un plan baise. Ça parait normal, pourtant. Mais en Écosse, j’ai vraiment eu l’impression de m’approprier l’espace public. Je n’étais toutefois pas dans mon pays. Mais je m’y sentais mieux, plus à l’aise, plus légitime. Je n’avais pas cette impression, pourtant très familière en France, de n’être que tolérée dans la rue. Là-bas, j’y avais ma place. Et pour la première fois de ma vie, j’ai pris plaisir à me promener en pleine nuit, à Édimbourg comme à Glasgow ou Inverness, sans craindre d’être harcelée.

L’île de Skye, ce coin de paradis

Car j’ai évidemment profité de ce voyage pour faire quelques road-trip aux alentours. Je n’ai malheureusement pas réussi à voir tout ce que je voulais, mais ce n’est que partie remise. J’ai commencé par l’île de Skye, ce légendaire coin de terre que m’avait vanté un romancier passionné par l’Écosse avant mon départ. J’y suis restée 2 jours entiers. Les deux furent intenses à leur façon. Le premier, j’ai été prise en stop par deux étudiants néerlandais avec qui j’ai fait de la randonnée pendant deux heures. Nos routes n’allant pas dans le même sens, j’ai ensuite repris mon chemin en levant le pouce, de nouveau. Et à cette occasion, j’ai aussi vécu mon expérience d’autostop la plus intense : des vents à 130km/h, une pluie diluvienne et de la grêle. Le tout sur une route de montagne complètement déserte. Au bout d’une heure de stationnement sur le bas côté, à tenter de ne pas finir dans le fossé à cause des rafales de vent, une famille écossaise a eu pitié de moi et s’est arrêtée. Arrivée à l’auberge, j’étais aussi trempée et frigorifiée que si j’avais fait un plongeon dans l’Atlantique. Mon seul regret est de ne pas avoir pu prendre de très belles photos ce jour-là. Voir pas de photo du tout, en fait.

En violet : là où je dormais. En rose : les endroits que j’ai exploré.

Le deuxième jour fut moins frustrant. A mon réveil, le soleil était au beau fixe. J’avais passé la journée de la veille au nord de l’île, j’ai donc décidé de visiter le sud. Direction les Cuilin Moutains (voir carte). Ces montagnes se découpent à l’horizon formant ainsi des paysages en dents de scie. Le soleil se couchant vers 16 heures en octobre, je suis rentrée assez vite. Mais j’y ai tout de même marché plus de quatre heures, complètement seule, au milieu des montagnes et des rivières, et je me suis bien amusée.

Prise de son, montage : lamalbaisee.com

Ce diaporama nécessite JavaScript.

 

Quitter l’île le lendemain a été un déchirement. J’ai même versé une ou deux larmes dans le car qui me ramenait à Jemimaville. Cette foutue sensibilité…

D’Édimbourg à Glasgow : deux villes, deux univers

Mais ce fut de court instant car j’ai très vite programmé mes séjours à Édimbourg dans un premier temps, puis à Glasgow. Les deux plus grandes villes écossaises n’ont rien à voir l’une avec l’autre. La première, classée au patrimoine mondial de l’UNESCO, revêt à la fois un aspect historique et médiéval qui fait tout son charme : des ruelles et venelles qui jalonnent le centre-ville, lui-même bordé par son château et ses hauts bâtiments en pierre, mais également un centre-ville plus moderne, juxtaposé au précédent. A l’inverse, Glasgow est industrielle et ouvrière. Chemins de fer qui traversent la ville en plein cœur, vieux immeubles abandonnés, gratte-ciel : il s’agit d’une ville qui a longtemps été marquée par des difficultés économiques. J’ai préféré Édimbourg. Mais les deux sont à découvrir.

Ce diaporama nécessite JavaScript.

Ce que j’ai particulièrement apprécié à Édimbourg, ce sont les balades le long du Royal Mile, la grande rue qui relie le Holyrood Palace (la demeure de la Reine quand elle vient en visite en Écosse) et le Château. Entre les deux, il y a plein de petites boutiques et de nombreux pubs à découvrir, sans compter la magnifique cathédrale Saint-Gilles (voir diaporama), et, plus bas, le superbe Parlement écossais où j’ai assisté à une séance parlementaire (et où je n’ai pas compris grand chose). Je conseille entre autres la Royal Mile Tavern et la Deancon Brodies’ Tavern. Mais les pubs y sont tellement innombrables et variés qu’il m’est impossible, d’une part, de me souvenir de tout ceux où j’ai été, et d’autre part, d’en faire un classement de préférence ! A Glasgow, le seuls monuments anciens sont le musée d’art, l’université et la cathédrale. Une chose est sûre, la culture celtique est très importante et très ancrée à Édimbourg et en Écosse plus généralement. Il est quasiment impossible de faire un pas sans apercevoir un.e joueur.se de cornemuse, des kilts, des bières Eden Mill ou tout simplement un Saltire (drapeau écossais). De même, que ce soit à Glasgow, Édimbourg, Inverness et dans les autres villes j’imagine, chaque pub compte ses habitué.es et les soirées sont toujours très animées, que ce soit en semaine ou en week-end. Qu’on est 20 ans ou 80, qu’on s’y connaisse en danse écossaise ou pas, tout le monde participe à sa façon. Frapper dans les mains étant le minimum. A Inverness, je recommande tout particulièrement le Hootananny, où de nombreux groupes de musiques locaux s’y produisent tous les soirs.

braveheart scotland freedom

Je suis rentrée en France avec des souvenirs plein la tête et un amour inconditionné pour ce pays. Alors, peut-être que moi aussi, un jour, j’affirmerai à mon tour à un.e auto-stoppeur.se que « je vis en Écosse par amour pour cet endroit. » En attendant, je vais tenter de me convaincre que sa sortie de l’Union Européenne n’est que de court instant. Et réécouter Capercaillie.

la mal-baisée

3 Comments

  1. ça donne envie… Pour la petite larme, sache que, tu n’es pas la seule ! Moi, c’est chaque fois au presque que je quitte une île… Et là, en l’occurrence, je comprends d’autant mieux… 😉

    View Comment

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *